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The Blood of Jesus (1941)

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Rédigé le Mercredi 7 Mars 2012 à 20:42


Drame religieux de Spencer Williams


The Blood of Jesus (1941)

The Blood of Jesus (1941)

The Blood of Jesus (1941)

The Blood of Jesus (1941)


Synospis : Martha Jackson, tout de blanc vêtue, vient d’être baptisée avec d’autres fidèles dans la rivière. De retour chez elle, elle demande à son mari Ras (Spencer Williams), qui revient de la chasse, de prier avec elle en lui avouant qu’ils seraient tellement plus heureux s’il « avait » la religion. Peu convaincu, il s’exécute, puis sort sur le porche nettoyer son fusil. Il le pose maladroitement contre une chaise ; le fusil tombe et le coup part tout seul ; la balle traverse la pièce et atteint la jeune femme après avoir ricoché sur le tableau du Christ placé au-dessus du lit conjugal. La femme décède. Le mari, effondré, veille le corps de sa défunte épouse et prie. Un ange apparaît [en surimpression] et emmène l’âme de sister Jackson vers les cieux [ce qui donne lieu à de fantasmagoriques scènes religieuses avec anges, portes du paradis, etc.] Dans un décor « terrien » (dans une campagne), l’ange explique à sister Jackson qu’elle doit emprunter « l’autoroute de la vie » et rejoindre le crossroad (le carrefour) qui la mènera vers Dieu et la vie éternelle, en ajoutant qu’elle doit se méfier des hypocrites et des faux prophètes. Seule, Martha commence son chemin sans savoir qu’elle est épiée par le diable. Ce dernier envoie à sa rencontre son émissaire, Judas Green, un séduisant jeune homme de la ville. Après s’être vue offrir une belle robe, Martha succombe à la tentation et suit Judas vers la ville. Elle se retrouve bientôt dans un honky-tonk, une boîte mal famée, où un homme suspect lui offre du travail facile... La voilà maintenant dans ce qui semble être une maison close. Secourue par son ange gardien, Martha fuit, poursuivie par une horde d’hommes qui l’accusent à tort d’avoir volé un portefeuille, parvient au fameux « carrefour » et s’écroule au pied d’une grande croix qui fait aussi office de panneau indicateur, désignant d’un côté l’enfer (to Hell) et de l’autre le paradis (to Zion). Quand les hommes la rejoignent pour la battre, la voix du Seigneur s’élève : - « Stop ! qu’a fait cette femme ? » - « Elle a volé mon argent » dit un homme ; - « Elle est mauvaise » dit un autre ; - « Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre » entonne la voix céleste. Les hommes fuient. Martha est étendue au pied de la croix au son du spiritual Steal Away to Jesus. Des gouttes de sang tombent des cieux et maculent le visage de la fidèle. Miracle ! Martha se réveille dans son lit et retrouve son mari, désormais converti.

Avis : Premier film de Spencer Williams, l'un des pionniers avec Oscar Micheaux du cinéma afro-américain, The Blood of Jesus (1941), qu’il écrit et réalise et dans lequel il tient le second rôle, est une fable religieuse qui surprend au premier abord par son originalité et ses qualités esthétiques. Comparé à l’ensemble des race movies, The Blood of Jesus rivalise avec les meilleures séries B hollywoodiennes. Williams prouve en effet, par une mise en scène fluide et inventive, qu’il maîtrise les bases de la grammaire cinématographique : montage alternant les points de vue, les plans de coupe (inserts et gros plans), les raccords dans l’axe, les fondus, etc. Qui plus est, l’auteur fait montre d’une originalité certaine dans la mise en scène en donnant un rôle prépondérant à la musique et en conjuguant, jusque dans le style, hyperréalisme documentaire et onirisme symbolique. Seconde remarque, le récit surprend par sa sensibilité et son authenticité dans son évocation du monde noir et notamment du monde rural noir. Williams livre ici un portrait saisissant de la société afro-américaine du Sud des années 40, peinture d’autant plus fidèle qu’elle est vécue de l’intérieur dans des décors naturels avec des comédiens non-professionnels. Même si le traitement cinématographique peut parfois paraître naïf (notamment le costume ridicule du diable ou encore l’évocation à la lettre de l’échelle de Jacob, du purgatoire ou du crossroad) le récit témoigne toujours d’un souci d’authenticité et de respect du vécu et des croyances spirituelles du peuple afro-américain. On y retrouve ainsi le schéma manichéen classique des race movies, opposant le Mal, associé à la ville, et le Bien, associé à la campagne et à l’église (et la dualité blues/gospel, profane/sacré) ainsi que l’excès et la théâtralité propres à l’église baptiste fondamentaliste noire.  Le style « primitif » alterne hyperréalisme proche du documentaire (la séquence d’ouverture sur le baptême est digne d’un film de Robert Flaherty) et symbolisme onirique (le voyage vers les cieux rappelle les fantasmagories d’un Méliès) et confère au tout une puissance évocatrice rarement égalée. En ce sens The Blood of Jesus figure assurément parmi les meilleurs "black films" de la première moitié du 20eme siècle. [Régis Dubois]


Race Movies



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