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Rencontre avec Youssef Diawara, l'acteur du film indépendant 600 euros

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Rédigé le Lundi 6 Juin 2016 à 14:40


Le 8 juin sortira sur nos écrans le film indépendant d'Adnane Tragha, 600 euros. Nous avons eu l'opportunité de rencontrer Youssef Diawara l'un des acteurs du film, l'occasion pour nous de revenir avec lui sur son rôle dans 600 euros mais aussi le message délivré par ce long-métrage


Copyright Nicolas Auraux
Copyright Nicolas Auraux

Black Movies Entertainement : Bonjour Youssef Diawara, merci d’avoir accepté cette interview. Avant de revenir sur ton dernier film 600euros dont BME a eu la chance de voir en avant-première, je voudrais que tu nous parles un peu de ton parcours cinématographique ?

Youssef Diawara : Alors tout d’abord, je suis arrivé au cinéma tout à fait par hasard à l’âge de 11-12 ans, j’ai été repéré pour un casting sauvage pour le film Black Mic Mac 2. J’ai tourné dans ce film, cela m’a plu. Donc de fil en aiguille, j’ai essayé de m’introduire dans ce milieu-là : j’ai fait pas mal de petits rôles comme dans Navarro, Commissaire Moulin. Ensuite, j’ai tourné dans Total Western un film d’Eric Rochant, j’ai enchaîné des seconds rôles jusqu’à 600 euros.

BME : Justement, peux-tu nous parler de 600euros réalisé par Adnane Tragha qui sort le 8 juin, et plus particulièrement de ton personnage Moussa ?

Y.D : 600 euros, c’est un film indépendant qui parle de la vie des gens de tous les jours, du vivre ensemble ce qui est très important aujourd’hui. Tous les personnages sont importants, c’est un chassé-croisé entre plusieurs vies. On voit des gens du peuple évoluer chacun face aux obstacles de la vie. On a le personnage de Marco qui galère dans la musique qui essaye tant bien que mal de vivre de sa passion. Mon personnage à moi s’appelle Moussa, il n’a pas ses papiers, mais milite quand même, il essaye de s’en sortir tant bien que mal.

BME : Moussa est un sans-papier très militant, très engagé qui subit des remarques de sa compagne qui trouve sa situation très paradoxale et qui n’arrive pas à comprendre son militantisme. Quel a été l’enjeu de ton rôle ?

Y.D : C’était de casser un peu tous les stéréotypes sur les sans-papiers véhiculés souvent par les médias. Sortir des préjugés tels que "les étrangers sont comme-ci comme ça, les sans-papiers font-ci, font ça".

BME : Adnane Tragha s’est amusé à dire qu’avec le personnage de Moussa, il avait crée le rôle du noir parfait, irréprochable. Qu’est-ce que tu en penses ?

Y.D : C’est vrai que souvent dans certains films qui parlent de la banlieue, c’est souvent stéréotypé et caricaturé. Il existe des gens caricaturaux en banlieue, mais d’autres tout à fait normaux. Et Adnane Tragha avec mon personnage, je crois que c’est ça qu’il a voulu montrer. Il voulait dire aussi que dans les quartiers populaires, on n’est pas tous des "wesh-wesh".

BME : Comment as-tu été casté pour ce rôle ?

Y.D : Il n’y a pas vraiment eu de casting, c’est d’abord venu de ma rencontre avec Adnane. On s’est rencontré une première fois pour un projet qu’il faisait sur le net qui s’appelait « La France des bas »  c’était des versions courtes comiques très politisées, et puis cela ne s’est pas fait. On s’est vu une deuxième fois pour la projection du film Rengaine de Rachid Djaïdani dans lequel j’avais tourné et c’est là qu’il m’a parlé de 600 euros. On s'est revu, on en a reparlé et j’ai adhéré.

BME : Lors de la critique BME sur 600 euros, on avait dit que ce film avait sa place dans les institutions pédagogiques. Est-ce que t’es d’accord avec ça ?

Y.D : Complètement ! Je sais qu’avant la sortie du film, il y avait le projet qu’il soit diffusé à République pour Nuit Debout, mais le film n’étant pas encore sorti, il n’y avait aucun intérêt. Mais c’est vrai qu’il devrait être diffusé dans les écoles parce qu’en ce moment, je trouve qu’il y a pas mal de renfermement communautaire et c’est vraiment dommage parce que la France d’aujourd’hui, c’est une France de toutes les couleurs.

BME : Est-ce que tu te retrouves dans ton personnage de Moussa ?

Y.D : Je l’ai joué avec beaucoup de plaisir et d’émotion. Quand on est issu de l’immigration, on a toujours un oncle ou un cousin sans papier. En l’occurrence pour moi, c’était mon oncle, je me suis inspiré de sa vie, et je suis fière de voir qu’à travers ce film, on peut voir ce genre de personnage, d’histoires de vie au cinéma.

BME : C’est un film engagé. Est-ce que toi aussi quelque part tu es un homme engagé ?

Y.D : Je travaille dans une compagnie de théâtre qui s’appelle Taméretong et on intervient beaucoup dans les quartiers, moi ça me tient à cœur parce, je suis moi-même issu de banlieue, et si je n’avais pas eu la chance de croiser le chemin du cinéma qui sait ce que je serais devenu. Et pour moi, arriver dans un quartier, présenter le théâtre à des jeunes, c’est déjà du militantisme.

BME : 600 euros est un film indépendant, il est très réaliste, c’est ce qui fait son charme. C’était ton premier film indépendant ?

Y.D : Non c’est la deuxième fois. Mon premier film indépendant, c’est le film Rengaine réalisé par Rachid Djaïdan. C’est un film qui traitait sur le racisme entre la communauté noir et arabe. Comme Adnane, Rachid avait une caméra, il faisait tout seul : son propre son et sa propre lumière. Je me sens assez proche de ce genre de film. 600 euros et Rengaine, c’est vraiment deux films qui m’ont marqué, c’est cru, c’est la vraie vie ! 

BME : 600 euros s’est tourné dans l’urgence pour profiter de l’ambiance des rassemblements et des meetings des présidentielles. Est-ce que ça été difficile de suivre ce rythme ?

Y.D : C’est vrai que le tournage a été rapide, parfois Adnane nous envoyait le texte la veille pour le lendemain. Après c’est une question de confiance entre le réalisateur et l’acteur, j’ai fait confiance à Adnane, son projet me parlait alors je me suis dit pourquoi pas, on y va. 

BME : J’ai entendu dire que 600 euros aurait une suite… ?

Y.D : Oui, on suppose pour l’instant c’est en pour parler...

BME : Quel message personnel tu as envie de faire passer à ces jeunes qui se sentiraient proche des protagonistes de 600 euros ?

Y.D : Qu’il ne faut pas se laisser rentrer dans des cases, il faut tout pour faire un monde il y a de la place pour tout le monde et que le vivre ensemble est très important. 

BME : Peux-tu nous parler de tes projets cinématographique ou bien même avec ta troupe de théâtre ?

Y.D : Avec la troupe, on joue le 10 et 11 juin à Belleville avec la troupe de Belleville et l’année prochaine, on reprend les tournées avec un spectacle qui s’appelle la Tzigane de Lord Stanley, qui parle d’une famille de Rom qui vient s’installer sur un terrain, les gens du village s’aperçoivent de la présence des Rom et ne sont pas contents jusqu’à ce que le propriétaire du terrain qui est un Lord anglais, aille les accueillir et ça va créer la zizanie dans le village.

BME : Quels conseils donnerais-tu à ces minorités visibles qui veulent se lancer dans le cinéma ?

Y.D : Déjà de croire en eux et ne pas se laisser décourager. Plus on aura de jeunes issus de l’immigration qui feront les choses d’eux-mêmes, créer ses propres scénarios, réaliser ses propres films comme 600 euros par exemple plus les professionnels s’intéresseront à nous. Faut pas attendre parce que si on attend trop, on va se faner c’est maintenant qu’il faut faire les choses. Quand on n’a pas les clés, faut défoncer les portes !  Je veux vraiment encourager les jeunes à foncer ! 

BME : Tu te considères comment en tant qu’acteur ?

Y.D : Je me considère comme un acteur afro-français issu de l’immigration.

BME : Est-ce qu’il y aurait un rôle que tu rêverais de jouer ?

Y.D : Un rôle dans un film de Kung-Fu de Jackie Chan et Bruce Lee, un gros film d’action (rire)

BME : Si tu avais 3 mots pour décrire 600euros, lesquels choisirais-tu ?

Y.D : Indépendant, honnête et qui parle de la vie des gens de tous les jours.. Bon ça fait plus de trois mots… (rire)


600 EUROS _ BANNDE ANNONCE

Elisa Casson


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