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Qui est Philippe Lacôte, le réalisateur du film événement Run ?

Portrait du réalisateur Philippe Lacôte

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Rédigé le Mardi 16 Décembre 2014 à 10:00


Ce mercredi 17 décembre sort en salles, le film "Run" du réalisteur franco-ivoirien Philippe Lacôte. Présenté dans la section "Un Certain regard" au Festival de Cannes en mai dernier, le film revient sur 10 ans de crise en Côte d’Ivoire. Retour sur le parcours d’un cinéaste confirmé, qui avec ce film, prouve qu’il n’a pas oublié d’où il venait.


© Paul Blind
© Paul Blind
Quand il était plus jeune, Philippe Lacôte habitait juste à côté d’un cinéma à Abidjan,  Le Magic. Nourri aux films de karaté, à Bollywood et aux westerns, c’est peut-être cette proximité avec les salles obscures qui ont forgé son amour du cinéma. C’est en tout cas ces escapades qui l’ont formé au cinéma de genre et qui ont visiblement laissé une trace sur sa manière de travailler aujourd’hui.
 
Si Run est son premier long-métrage, le cinéaste franco-ivoirien de 43 ans n’en est pas pour autant un débutant. De Somnambule, son premier court-métrage réalisé en 1996 à Run et sa sélection très remarquée au festival de Cannes en mai dernier, Philippe Lacôte a fait un bout de chemin.
 

Le parcours d'un autodidacte

Après avoir passé enfance et adolescence en Côte d’Ivoire où il est né, Philippe Lacôte poursuit des études supérieures en France. Dîplomé en linguistique à l’université de Toulouse, il se passionne d’abord pour la radio. À peine âgé de 20 ans, il se fait la main chez radio FMR avant d’atterrir chez RFI.
 
Le jeune Ivoirien était bien parti pour finir journaliste radio mais toujours rattrapé par le cinéma, il se retrouve projectionniste puis programmateur au Cratère, une salle de cinéma d’art et d’essais à Toulouse.
 
Il faut croire que c’est ce contact encore plus direct avec les métiers du cinéma qui va marquer un tournant dans sa carrière. Sans formation cinématographique à proprement parlé, c’est en tant qu’autodidacte qu’il se lance dans la réalisation de deux courts-métrages de fiction : Somnambule et Le passeur avec Denis Lavant qui sera sélectionné au festival International de Rotterdam.
 
Après Affaire Libinski ,un court-métrage co-réalisé avec Delphine Jacquet salué par la critique,  Philipe Lacôte tourne son regard vers l’Afrique. Ce ne sera pas la Côte d’Ivoire mais d’abord l’Egypte où il tournera Cairo Hours, un documentaire sur un mouvement d’écrivains égyptiens des années 90.
 

Retour aux sources

En 2002, fort de près de 10 ans d’expérience dans le cinéma, Philipe Lacôte rentre au pays avec l’idée de tourner un documentaire sur la jeunesse ivoirienne. Le hasard faisant drôlement les choses, le jeune réalisateur armé de sa caméra, tombe en plein début de crise politique. Il y filmera au jour le jour le début du conflit qui durera une dizaine d’années. Cinq ans plus tard, cette espèce de carnet de bord donnera naissance à Chronique de guerre en Côte d’Ivoire, un portrait très personnel qui montre le début de la guerre du point de vue des habitants engagés ou non.
 
C’est en rencontrant un garçon issu de Jeunes Patriotes, un mouvement politique radical considéré comme une milice que l’idée de Run lui vient à l’esprit. Celui-ci lui aurait confié avoir trois vies. « J’ai repris à mon compte les propos de ce garçon Jeune Patriote pour les inscrire dans un récit imaginaire et fictionnel. », raconte Philippe Lacôte.
 
Run capture les multiples vies d’un jeune Ivoirien dans un pays en crise mais cette fois ci sous forme de fiction. À travers ce jeune homme qui court (d’où son nom), qui fuit c’est une histoire culturelle et politique de la Côte d’Ivoire que Philippe Lacôte veut transmettre. « Je voulais coller à cette réalité de la jeunesse ivoirienne. Et à partir du moment où j’ai décidé de raconter ces trois vies par la course, le nom du personnage s’est imposé et la structure du film s’est mise en place. »
 

Philippe Lacôte entouré de Abdoul Karim Konaté et Isaach de Bankolé
Philippe Lacôte entouré de Abdoul Karim Konaté et Isaach de Bankolé
La crise politico-militaire en Côte d’Ivoire est un événement majeur de l’histoire de l’Afrique qui s’est terminé en 2011. Lors du tournage de Run, Philipe Lacôte raconte avoir été au cœur d’une polémique :  "Je me souviens le  jour où j’ai vu ma photo à la une d’un journal avec ce titre "Cet homme est dangereux"… Après cela, il nous était difficile de tourner dans les rues d’Abidjan même si le tournage n’a jamais été stoppé par la production."
 
Avec ce premier long-métrage, il a été dit que Philipe Lacôte  remet la Côte d’Ivoire sur la carte du cinéma international. Présenté dans la catégorie Un Certain regard au Festival de Cannes en mai 2014, ça faisait près de 30 ans qu’un film ivoirien n’avait pas fait partie de la sélection. Mais Run n’est pas le seul projet  qui a pour décor son pays d’origine, le réalisateur a récemment présenté le court-métrage To Repel Ghost sur le voyage de Basquiat en Côte d’Ivoire et il prépare déjà son prochain long If God Says Yes qui se déroulera à la Maca, la prison d’Abidjan.
 

LA BANDE-ANNONCE DE RUN



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