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Que vaut "Kings", le nouveau film de Deniz Gamze Ergüven avec Halle Berry

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Rédigé le Mardi 10 Avril 2018 à 01:13


Lors de la circulation d’une vidéo montrant Rodney King, un homme noir brutalisé par des policiers blancs, le quartier de South Central se soulève.


Trois ans après le succès de "Mustang", Deniz Gamze Ergüven revient avec "Kings", un film poignant avec Halle Berry (Millie) et Daniel Craig (Obie) sur les émeutes raciales à Los Angeles en 1992. C’est un projet qu'elle a mûri pendant une décennie avant de pouvoir le réaliser. 

Kings, est le deuxième long-métrage de la réalisatrice franco-turque, en salle ce mercredi 11 avril. Le film est présenté en 2017, en première mondiale à la 42e édition du Festival international du film Toronto. On retrouvera également au casting des visages moins connus du grand public : Lamar Johnson (Jesse), Rachel Hilson (Nicole) et Kaalan "KR" Walker (William). 
 
Los Angeles 1992, dans un quartier populaire, Millies s’emploie à prendre soin de sa famille et d’enfants qu’elle accueille en attendant leur adoption. Elle s’attache à leur donner tout l’amour d’une mère, leur enseigner des valeurs tout en leur apportant un confort convenable, ce qui n’est pas tache facile dans un environnement et quotidiens souvent compliqué.
En parallèle, le procès de Rodney King arrive petit à petit à son moment le plus intense. Lorsque les émeutes éclatent, Millies va faire tout ce qui est possible pour préserver et défendre les siens.

 

À la fois, touchante et dramatique, cette fiction à la perspective commémorative et documentaire est un véritable coup de cœur. Un chef-d'œuvre dénonçant l'injustice, et donnant un regard intérieur et un angle approfondit des émeutes de Los Angeles. La réalisatrice prend le parti de suivre en particulier dans le chaos des émeutes le destin de ces adolescents aux destins bouleversant. Elle oscille cependant entre leur histoire, tragique, et les mésaventures, moins convaincantes et plus légères, des adultes, interprétés par Halle Berry et Daniel Craig.  

L’idée de Deniz Gamze Ergüven, l'idée lui en est venue lors des émeutes de 2005 en France. Le sentiment de malaise la transcendant, puis plus tard une femme lui comtat les émeutes de Los Angeles, c’est alors que le symptôme de détresse la certifia à écrire sur ce sujet. Elle fut de nombreux aller-retour à Los Angeles pour enquêter cherchant minutieusement à comprendre les mentalités. Deniz Gamze Ergüven, qui affirme que les personnages de son film sont tous inspirés de personnes réelles, explique avoir pris le parti de raconter l'histoire à travers les yeux des enfants.
Le film a mis beaucoup de temps à se faire, en attendant d’avoir les moyens et l’expérience. En effet, l’idée lui était apparue bien avant son premier long-métrage, Mustang. Le projet s’est concrétisé après sa rencontre avec Halle Berry au festival de Cannes. 
« La rencontre avec elle a été l’évènement fondateur pour que Kings puisse exister. On s’est rencontrées quelques jours après les Oscars où Mustang représentait la France. C’est quelqu’un qui a beaucoup d’humour et elle est aussi très maternelle ; dans sa voix, dans ses gestes comme lorsqu’elle nous tapote dans les dos, comme si elle tapotait les fesses d’un bébé. Je voyais sa part maternelle, ça me faisait penser au personnage de Millie. Je voulais que son rapport aux enfants soit presque comme une addiction. Halle Berry avait besoin de trouver des choses très concrètes physiquement pour son personnage, penser à la manucure, le costume, comme des strates de son histoire. Halle était très active, elle avait une idée très forte et venait avec des propositions, la coiffure, c’est elle qui l’a proposée. Je l’ai aussi choisie pour sa couleur de peau qui est particulièrement métissée. Cela me donnait la liberté de dire qu’elle serait aveugle face à la question de la couleur des enfants qu’elle recueille. Sous son toit, les questions raciales sont transcendées. » - lire son interview complet ici

Dans une Amérique ou « la question raciale » est un problème prédominant et récurant loin d’être résolu, la société est très imprimé par ses drames, il s’ensuit beaucoup de tabous, de nervosités à l’égard de ces sujets.

Un sentiment flotte sur une population issue ou descendant de l’immigration, celui d’être un citoyen de seconde catégorie. La hiérarchie des humains dont la vie est importante et d’autre dont la vie ne l’est pas en se basant sur leur origine ou la couleur de leur peau, s’est fixé naturellement dans les mœurs et est foncièrement l’origine des émeutes de Los Angeles de 1992. Ces émeutes sont réactions révoltées de l’acquittement des policiers impliqués dans l’excessive brutalisation de Rodney King, et froissent la suprématie blanche et fortuné américaine qui célèbre au début des années 1990 le triomphe du modèle américains. Pas toujours apprécié à sa juste importance, cet événement n’est pas sans répercussion positive pour le prolétariat de race et les émeutes matérialisent le nouvel ordre social. L’emportement explosif de la population colérique est une réaction d’une complexité transparente quand on n’ignore pas l’oppression perdurant par le biais du capitalisme et de l’État, alors qu’une lutte de droit civique à découlé sur des victoires juridiques pour l’égalité. Plusieurs fait au climat social abîmé (l’effondrement du mouvement Black Panther Party, Reagan au pouvoir, la politique libérale, l’infime possibilité de sortir des ghettos ou de s’enrichir par voie légale…) impliquent la rivalité des communautés.

Le climat social tendu à Los Angeles

Le quartier de Millies, South-Central dans la partie sud de LA, à été sérieusement touché par le ralentissement économique nationale de la fin des années 1990. Cette zone sud (avec notamment les quarters Compton et Watts) regroupe des minorités éthiques noires, asiatiques et latinos. La concurrence économique entre les différentes communautés de la classe ouvrières est à l’origine de l’animosité violente à l’intérieur de ces quartiers. Principalement avec l’arrivé les hispaniques en nombre. La composition ethnique évolue. Historiquement noirs, partage désormais la classe ouvrière. Les entreprises du centre de LA licencient leur ouvrier en grande partie noirs, pour embaucher des immigrés hispaniques alors moins chers. 
Ainsi, la pauvreté s’intensifie, l’argent gagné illégalement est l’issue devant une situation de crise négligé par l’état, des réseaux de vente de crack s’établissent et déclenchent des guerres de gangs. Le gang devient alors une alternative sociale à caractère affectif et identitaire, sanctionné impitoyablement par l’État, agissant lui-même frauduleusement faisant l’impasse sur certaines lois (violence policière).

Naissance d’un mouvement mondial.

Depuis, les dominations raciales ne s’éteignent pas aux États-Unis. On a cru à une Amérique post-raciale avec l’élection de Barack Obama, mais la réalité est que les noirs dans les ghettos ont des conditions stagnantes depuis 1992, car la crise économique a eu un impact épouvantable pour les minorités « raciales » aux États-Unis. On constate des similitudes à travers le monde : les minorités racisées sont catégorisées au bas de la hiérarchie sociale, enfermé dans une marginalisation, une désocialisation et soumission à l’oppression policière. Ce prolétariat ne dispose pas toujours de ressource pour batailler, ni de solidarités, développant ainsi des manœuvres individualistes illégales, des phénomènes de gangs, des divisions identitaires. Parallèlement, depuis les émeutes de Rodney Kings, on peut remarquer des manifestations politiques volcaniques similaires, messagères d’exigence de justice pour les classes les plus pauvres du prolétariat.
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