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Oscars 2014 : l'émouvant discours de Lupita Nyong'o

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Rédigé le Lundi 10 Mars 2014 à 12:16



Et si le premier discours de la 86e cérémonie était aussi le plus réussi? L'intervention de Lupita Nyong'o, récompensé par l'Oscar du meilleure second rôle féminin pour le personnage de Patsey, qui est bouleversante de détresse dans le rôle de Patsey dans 12 Years A Slave de Steeve Mcqueen, a été un des plus marquants de la soirée. C’est la deuxième comédienne, originaire du continent africain, à recevoir cette distinction, après Charlize Theron qui avait décroché l’Oscar en 2004 pour sa performance dans "Monster.

Le président du Kenya a célébré le premier Oscar majeur remporté par une artiste de son pays, déclarant sur Twitter que la lauréate dans la catégorie de la meilleure actrice de soutien Lupita Nyong'o est «la fierté de l'Afrique». Nyong'o était le sujet du jour sur à la radio et à la télévision au Kenya, lundi, au lendemain de sa victoire pour son rôle dans le film 12 Years a Slave.

L'actrice de 31 ans est née au Mexique de parents Kenyans, mais elle a été élevée majoritairement au Kenya. Après avoir reçu son diplôme de l'école d'art dramatique de Yale, Nyong'o a joué dans plusieurs productions de son pays avant d'obtenir son premier rôle majeur au côté de Brad Pitt. Nyong'o était considérée comme l'une des favorites dans la catégorie, qui mettait aussi en vedette Jennifer Lawrence et Julia Roberts. Lorsqu'elle a été déclarée gagnante, dimanche, elle s'est penchée dans son siège au moment où les applaudissements se sont fait entendre dans la salle.

Lorsqu'elle est montée sur scène pour cueillir sa statuette, Nyong'o a dit espérer que sa victoire rappellerait à «tous les petits enfants que peu importe d'où vous venez, vous rêves sont valides».

En décrochant cet Oscar, Lupita Nyong’o rentre dans le cercle très fermé des actrices noires qui peuvent se prévaloir de cette récompense où elle est, pour l’heure, la seule Africaine. Elle succède à Octavia Spencer ("The Help", 2011), Mo’Nique ("Precious", 2009), Jennnifer Hudson ("Dreamgirls", 2006), Whoopi Goldberg ("Ghost", 1990) et Hattie McDaniel ("Gone with the Wind", 1939).

Voici son discours lors de la soirée des Oscars :


Voici son discours, lors de la soirée Essence:

« J'ai écrit ce speech, que je n'ai pas eu le temps de répéter donc ce ceci sera ma répétition. Merci Alfre, pour cette merveilleuse introduction et célébration de mon travail. Et merci beaucoup de m'avoir invitée à faire partie d'une communauté aussi extraordinaire. Je suis entourée de gens qui m'ont inspiré, en particulier de femmes dont la présence à l'écran me fit sentir un peu plus vue, entendue et comprise. Que ce soit ESSENCE qui organise cet événement célébrant nos victoires professionnelles de l'année est significative, un magazine de beauté qui reconnait la beauté que nous ne possédons pas uniquement, mais produisons également.
 
Je veux profiter de cette opportunité pour parler de beauté, beauté Noire, beauté sombre. J’ai reçu une lettre d’une fille et j’aimerai en partager un petit extrait avec vous : «  Chère Lupita » voici ce qu’elle dit, « Je pense que tu es chanceuse d’être aussi Noire et d’avoir réussi à Hollywood du jour au lendemain. J’étais juste sur le point d’acheter la crème éclaircissante de Dencia, Whitenicious, pour éclaircir ma peau lorsque tu es apparue à la face du monde et m’a sauvé. »
Mon coeur a saigné lorsque j’ai lu ces mots, je n’aurais jamais imaginé que mon premier travail à la sortie l’école serait aussi puissant en lui-même et qu’il me propulserai à devenir une telle image d’espoir à la façon dont les femmes de La Couleur Pourpres le furent pour moi. 
 
Je me souviens d’un temps ou je me sentais laide aussi. J’allumais la TV et ne voyais que des peaux pâles, j’ai été tourmentée et narguée sur ma peau couleur nuit. Et l’une de mes prières a Dieu, le travailleur miraculeux, fut de me réveiller avec une peau plus claire. Le matin venait et j’étais tellement excitée à l’idée de voir ma nouvelle peau que je refusais de me regarder avant d’être en face d’un miroir parce que je voulais voir mon visage clair d’abords. Et chaque jour j’expérimentais la même déception d’être tout aussi foncée que le jour d’avant. J’ai essayé de négocier avec Dieu, je lui ai dis que j’arrêterai de voler des cubes de sucres la nuit si il me donnait ce que je voulais, j’écouterai chaque mot de ma mère et je ne perdrai plus jamais mon pull d’école s’il me rendait juste un peu plus clair. Mais j’imagine que Dieu n’était pas impressionné par mes négociations parce qu’il ne les a jamais écouté. 
 
Et quand j’étais adolescente la haine que j’avais pour moi-même empira, ce qui comme vous pouvez l’imaginer arrive à l’adolescence. Ma mère me rappelais souvent qu’elle me trouvait belle mais il n’y avait pas de discussion, c’est ma mère, bien sur qu’elle est censé penser que je suis belle. Et puis…Alek Wek. Une mannequin célébré, elle était sombre comme la nuit, elle était sur tout les podiums et dans chaque magazine et tout le monde parlait de sa beauté. Même Oprah l’appelait belle, ce qui en fait un fait. Je n’arrivais pas a croire que les gens trouvaient une femme qui me ressemblait tant, belle. Ma complexion a toujours été un obstacle a surmonter et tout a coup Oprah me disait que ce n’en était pas un. C’était mystérieux et je voulais le rejeter parce que j’avais commencé a apprécier la séduction d’insuffisance. Mais une fleur ne pouvait pas s’empêcher d’éclore en moi, lorsque j’ai vu Alek j’ai par mégarde vu une réflection de moi-même que je ne pouvais nier. J’avais a présent fait un bon dans mes pas parce que je me sentais plus vue, plus appréciée par les gardiens de la beauté. Mais autour de moi la préférence pour ma peau s’imposait, pour les jugeurs que je pensait importants j’étais toujours laide. Et ma mère encore une fois me disait qu’on ne pouvait pas manger la beauté, elle ne nous nourris pas et ces mots m’ont empoisonnés et me dérangeaient; je ne les ai pas vraiment compris jusqu’a ce que je réalise que la beauté n’était pas une chose que je pourrais acquérir ou consommer, c’était une chose qui devait juste être. 
 
Et ce que ma mere voulait dire quand elle disait qu’on ne peut pas manger la beauté c’était qu’on peut pas de reposer sur l’apparence que l’on a pour nous maintenir. Ce qui est fondamentalement beau c’est la compassion pour soi-même et pour ceux autour de nous. Ce type de beauté enflame les coeurs et enchante l’âme. C’est ce qui a apporté tant d’ennui à Patsey avec son maître, mais également ce qui garde son histoire vivante jusqu’a ce jour. Nous nous souvenons de la beauté de son esprit même après que la beauté de son corps se soit estompé.»
 
Ainsi j’espère donc que ma présence sur vos écrans et dans les magazine vous guidera, jeune fille, vers un voyage similaire. Que vous ressentirez la validation de votre beauté extérieure mais également travaillerez à être belle intérieurement.
 
Il n’y a aucune honte à la beauté Noire.
 
BME


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