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Manos Sucias, Los Hongos : les Afro-Colombiens à l’affiche

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Rédigé le Lundi 1 Juin 2015 à 15:15


À une semaine d’intervalle, deux long-métrages donnent un aperçu des conditions de vie de jeunes Afro-Colombiens, une communauté dont on ne parle que très rarement.


On oublie bien trop souvent alors que les Noirs de Colombie forment l’une des plus large communauté d’afro-descendants de l’hémisphère ouest. Deux films nous rappellent qu’ils font bien partie de la démographie du pays : Manos Sucias, en salles ce mercredi 3 juin, et Los Hongos sorti le 27 mai dernier. Le premier, réalisé par Joseph Wladyka, nous plonge dans l’atmosphère lourde et instable de la ville portuaire de Buenaventura, tandis que le deuxième d'Oscar Ruiz Navia suit les aventures de deux potes dans la ville de Cali.

 

Manos Sucias, deux frères réconciliés par un drame

Une histoire d’amour fraternel sur fond de trafic de drogues dans un des plus grands ports de Colombie. C’est un peu la version courte qu’on pourrait donner de l’histoire qui se joue dans Manos Sucias . Jacobo et Delio sont deux jeunes frères, perdus de vue depuis des années, aux existences bien différentes.

Jacobo, l’aîné, a eu une vie misérable faite d’une série de drames familiaux et multiplie les sales boulots dans l’espoir de récolter assez d’argent pour quitter le port. Son petit frère quant à lui, encore tout frais et plein d’énergie, rêve de devenir rappeur et d'une pseudo vie de gangster sans forcément avoir les épaules pour assumer ce style de vie. Ensemble ils vont transporter pour le compte de trafiquants, plusieurs kilos de drogue à bord d’un bateau de fortune. Une expédition à haut risque durant laquelle les deux frères vont d’abord s’affronter, avant de retrouver et au final découvrir leur vraie nature.

L’ambiance est pesante dès le début du film avec l’introduction de nombreux personnages que l’on sent très hostiles. Dès les premières scènes, la culture urbaine afro-colombienne est mise en avant via la danse, la musique et les dialogues entre jeunes. Mais tout ce décor est rapidement relayé au second plan, de manière un peu brusque, pour laisser place aux protagonistes du film. Malheureusement, les dialogues des deux frères censés être pleins d’émotions manquent vraiment d’originalité et les scènes à huis clos où les deux sont censés se révéler deviennent vite insipides

Réalisé par l’Américain Joseph Wladykas, ancien élève de Spike Lee qui est également l’un des producteurs du film, Manos Sucias présente toutes les petites erreurs d’un premier film sans pour autant gâcher le plaisir du visionage. Tourné dans la ville portuaire de Buenaventura, réputée comme étant l’une des villes les plus dangereuse de Colombie, le film mise sur une histoire - trop ?-  simple pour traiter de plusieurs sujets : le trafic de drogues, les groupes armés, la misère sociale, le travail des enfants, la marginalisation des Noirs de Colombie… Ce dernier aspect était peut-être le plus intéressant à explorer car s'il est sans doute connu des locaux, il reste encore bien méconnu à l'international. Or le racisme et la discrimination dont sont victimes les Noirs ne sont abordés qu’en surface et l’on devine difficilement à travers les dialogues le système de ghettoïsation qui existe en Colombie. (« Au Nord, il n’y a pas de Noirs » entend-t-on à deux reprises dans le film. En effet, la population afro est concentrée sur le littoral et l’arrière-pays en Colombie.)

 

Los Hongos, l'art comme échappatoire

Los Hongos est le deuxième long-métrage du cinéaste colombien Oscar Ruiz Navias, dans son précédent film La Barra, il avait posé sa caméra dans un village de pêcheurs; un décor fait de jungles et de bateaux moteur qui n’est pas sans rappeler celui de Manos Sucias.

Il s’agit aussi ici d’une histoire de frères liés non pas par le sang mais par une passion commune : le graffiti. À Cali, Ras est un adolescent noir déscolarisé qui travaille dans le bâtiment. Après avoir volé plusieurs pots de peintures dans son entreprise pour terminer un fresque, il se fait mettre à la porte. En conflit avec sa mère, il passe ses journées à vagabonder avec Calvin, son meilleur ami. Malgré leur différences sociales (Calvin est blanc, il étudie l’art et est visiblement issu d’un milieu aisé), les deux amis forment un duo dynamique qui nous fait traverser les espaces multiples de la ville de Cali.

Dans le film, on comprend que Ras et sa mère ont fui la misère de la côte Pacifique pour se construire une nouvelle vie dans la ville. Mais l’adaptation n’est pas facile surtout pour la maman qui est très nostalgique de sa région d’origine malgré la violence qui l’a poussé à fuir.

Si les deux copains partagent des intérêts, leur relation n’est au final pas la plus intéressante. Ce qui ressort vraiment du film ce sont les rapports qu’ils ont avec leurs aînées : Raz et sa mère stricte et Calvin et sa grand-mère malade.

Cali, une des plus grandes villes du pays, est vivante et aussi peu mixte. Situé à 130 km de la ville de Buenaventura où se déroule l’action de Manos Sucias, il semblerait que là les Noirs deviennent une minorité. Ras et Calvin qui pourraient s’interroger sur les nombreux problèmes qui rongent leur pays ou même de leur ville (des élections municipales sont en cours dans le film), se retrouvent plus dans les révoltes du Printemps Arabe dont ils regardent des vidéos en ligne.

Manos Sucias et Los Hongos, bien qu’ils présentent quelques lacunes au niveau de l’écriture, donnent à voir une autre facette de la Colombie dans deux espace bien disctincts. Au delà des groupes paramilitaires, des FARC, du narcotrafic et de la violence quotidienne, il y aussi des personnes qui aspirent simplement à des vies paisibles mais qui sont pour la plupart d’entre elles prises au piège. Consolider des liens fraternels, familiaux ou amicaux devient alors un acte de survie nécessaire.



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