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Fruitvale Station : Les 24 dernières heures d'Oscar Grant

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Rédigé le Mercredi 4 Décembre 2013 à 21:46



Un jeune noir assassiné par un policier, ce n'est pas la première fois qu'on l'entend cette histoire. Mais, comment exploiter cinématographique un fait divers aussi tragique sans donner une impression de déjà-vu. Le réalisateur, Ryan Coogler comme Oscar Grant est originaire de la baie d'Oakland. Il a comme tous les citoyens de la ville, entendu parler de ce fait divers qui a conduit à des émeutes dans la ville d'Oakland.
 
Dans un premier temps, il faillait convaincre la famille d'Oscar de la nécessité de porter à l'écran cette histoire. Le but étant de redonner de l'humanité à Oscar, pour qu'il ne demeure pas un anonyme de plus tué par la police. La famille ayant accepté, le réalisateur a eu la lourde tâche de traduire à l'écran cette histoire sans trahir personne.
 
BME, avait beaucoup entendu parler de ce film, qui a fait sensation en janvier dernier à Sundance. Repartant avec le prix du meilleur film et le prix du public (2 des prix les plus prestigieux du festival). L'audience présente a littéralement plébiscité Michael Bakary Jordan et Ryan Coogler sans qui ce film n'aurait pas existé. Comment un fait divers peut-il autant émouvoir ? C'est ce que nous avons tenté de comprendre en assistant à la projection presse.

BANDE-ANNONCE FRUITVALE STATION

Le film commence avec des images d'archives sur la fin de ce drame, qui a conduit à la mort d'Oscar Grant. C'est d'ailleurs le vrai Oscar que l'on voit dans cette scène.
 
Ryan Coogler, 26 ans, a très justement su saisir cette perche qui lui a été tendue, en racontant autrement cette histoire, qui a fait la "Une" des journaux. Il n'était pas question de raconter ce fait divers tels qu'il a été traité par les médias.
 
Coogler a réussi son pari, en posant un regard neuf sur cet évènement. Il n'y a aucun jugement dans ce film, la justice s'en est déjà occupée. Fruitvale Station se concentre sur les dernières heures qui ont précédé la mort d'Oscar Grant.

 
Synopsis : De retour auprès de sa petite famille après un séjour derrière les barreaux, Oscar Grant est déterminé à remettre sa vie sur les rails. Malgré la perte de son emploi, le jeune homme de 22 ans continue d'avancer dans le droit chemin, tournant définitivement le dos à la vente de stupéfiants, même si celle-ci aurait pu être la solution à tous ses problèmes. Après l'anniversaire de sa mère, Oscar, sa copine Sophina et un groupe d'amis prennent le train pour assister aux célébrations du nouvel an à San Francisco. Une altercation entre Oscar et un ancien codétenu mènera toutefois à une intervention des policiers, qui aura des conséquences funestes.

MICHAEL B JORDAN, DANS LA PEAU D'OSCAR GRANT

Il fallait donc un personnage assez neutre, mais pas effacé qui puisse facilement et rapidement entrer dans la peau d'Oscar.
 
Michael B. Jordan est brillamment parvenu à se fondre dans ce qu'était la vie d'Oscar, avant qu'il ne décède. L'interprétation de Michael permet de comprendre la complexité de ce père de famille, qui essaye de renouer une relation normale avec sa mère, sa petite amie et sa fille, après sa sortie de prison. Mais le temps passer derrière les barreaux a eu un impact sur sa vie, les moments perdus ne se rattrapent pas, c'est à lui de s'adapter au cours de la vie. C'est donc un Oscar en proie à ses contradictions et obligé de se mentir à lui-même que l'on distingue dans ce film.
 
Le réalisateur ne voit pas Oscar, comme un simple délinquant, mais comme quelqu'un ayant commis des erreurs et qui souhaite bénéficier d'une seconde chance à laquelle il estime avoir droit.
 
Filmer ses dernières 24 heures, c'est introduire un portrait nuancé d'Oscar. C'est une manière d'introduire un droit à la rédemption, l'aurait-il fait ? Rien ne permet de le dire, mais on ne peut pas non plus affirmer qu'il fût incapable de changer.

OCTAVIA SPENCER, UNE MERE EN CRISE

Ce film est aussi là pour faire entendre les cris de douleurs de cette mère (incarnée par Octavia Spencer) qui a toujours vécu dans l'angoisse, pour ce fils qu'elle a eu très jeune et pour lequel elle a toujours espéré une vie meilleure que la sienne. La mort soudaine de son fils a anéanti tout espoir de rapprochement, avec ce fils dont elle avait peu à peu, perdue le contrôle. Cela est très bien montré à travers cette scène saisissante à l'hôpital. Angoissée, elle demande le silence des amis d'Oscar dans l'attente d'une hypothétique bonne nouvelle concernant la survie de son fils.
 
Ceci rappelle à quel point la douleur d'une maman n'a pas de prix. Rien ne peut remplacer cet amour qu'elle porte à son fils depuis qu'il est dans son ventre. Fruitvale ne se substitue pas à la justice, mais rappelle que les blessures demeurent lorsqu'on met une chape de plomb dessus. Il n'est en aucun cas dans l'idée d'opposer noirs et blancs. La douleur tout le monde peut la rencontrer, alors on se sent concerné par cette histoire bien qu'elle ne nous atteigne pas directement.

Cette fresque sociale sur grand écran fait revivre Oscar Grant et lui redonne sa place dans cette société qui exclue tant. Malheureusement, il n'a pas eu la possibilité de faire cette rédemption à laquelle chacun a droit.
 
Depuis sa grande première à Sundance, le film multiplie les récompenses, on parle même de nominations aux Oscars pour Michael Bakary Jordan et Ryan Coogler, qui avait le même âge qu'Oscar Grant au moment des faits. On peut le dire la jeunesse à son mot à dire sur les sujets qui la concernent directement. Le film est sur nos écrans depuis 1er janvier.




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