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Corpo Electrico : homosexualité, croyances et intolérance

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Rédigé le Mercredi 16 Mai 2018 à 16:25


Nouveau venu à São Paulo, Elias tente de trouver un équilibre entre son travail dans une usine de textile et ses rencontres amoureuses sans lendemain. Il se sent de plus en plus prisonnier de la routine et sous pression. Sa nouvelle amitié avec ses collègues de travail va lui permettre de s’échapper. Il découvre alors la vie nocturne de sa ville et ses possibilités insoupçonnées.


Corpo Eléctrico est réalisé par le brésilien Marcelo Caetano, avec Rodrigo Andreolli et Kelner Macêdo.
L’histoire se déroule au Brésil, habité d’une société à deux vitesses où le racisme et l’homophobie ne se déconstruisent pas. Le film témoigne subtilement de ses inégalités et de ses intolérances, maquillé d’une histoire festive à l’ambiance légère où érotisme homosexuel, amitié interculturelle, routine pénible et monotone font les objets premiers de l’histoire.

Un film témoignage, immersif, lumineux.

Un film spontané, réaliste, immersif, drôle, lumineux, suivant un quotidien populaire de São Paulo, une ville intelligemment choisi par son contexte complexe. Les personnages secondaires ont tous un rôle pointu par la représentation social et leur témoignage. Ces points suffisent pour sous-entendre les enjeux de la vie au Brésil et ses contraintes (travail, inégalité, liberté). De plus le réalisateur brésilien à l’œil d’une société qui n’a pas été assez médiatisé à cause de l’impérialisme américain et donne un nouveau souffle au cinéma universel.

Espérons que la culture brésilienne dépassera les frontières pour venir chatouiller notre culture occidentale.


Homosexualité : croyance et intolérence

Elias et ses amis, parfois amants aussi, explorent pleinement la sensualité homosexuelle et jouissent de leur liberté.Mais peut-être est-elle poussé par un contexte oppresseur dont ils cherchent à se défaire ?

 

Si au fil des années dans le monde, l’homosexualité s’est finalement introduit dans les mœurs, notamment avec le mariage pour tous en France, la situation est encore loin d'être idéale dans toutes les régions de la planète. Il est encore pénible pour les personnes homosexuelles d’être reconnue comme saine d’esprit au Brésil. Il est déjà agréable de constater que les droits des personnes LGBT au Brésil se sont accrus depuis la fin de la dictature militaire au Brésil (1964-1985). En effet les constitutions des États du Mato Grosso et du Sergipe interdisent explicitement les discriminations fondées sur l'orientation sexuelle. Mais le pays particulièrement conservateur catholique a poussé la justice à autoriser à nouveau les professionnels de la santé à traiter l'homosexualité comme une maladie mentale. Les thérapies de "reconversion sexuelle", interdites dans les années 1990, sont donc à nouveau légales. Le Brésil est le pays qui compte la plus grande communauté catholique au monde avec 123 millions de fidèles pour 200 millions d’habitants. Après les JMJ de Rio en 2014, le pape François confiait aux journalistes : « si une personne est gay et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger ? ». Un an plus tôt, la loi instaurant le mariage entre personnes du même sexe était adoptée et abstraitement soutenue par l’Église catholique. Une certaine tolérance envers les homosexuelles est présente mais l’homophobie règne en maître, au Brésil, l’influence de la religion est considérable dans cette idée.


Une société de caste camouflé par les paillettes.

En dépit de l’apparence festive que les médias s’exécutent à montrer, la société du Brésil est en proie au racisme. Chaque nuance de teinte de peau est révélatrice d’une caste sociale. C'est un grand échiquier de couleur divisé en deux : d'un côté, l'élite blanche et de l'autre, les noirs et les métis, abonnés aux métiers les moins qualifiés. Souvent relégué aux métiers d’agent d’entretien, de nourrice ou d’ouvrier. Dans le film, Elias, le personnage principal, est ouvrier dans une usine de prêt-à-porter, exécutant des tâches répétitives, ne lui donnant pas de reconnaissance sociale, ni assez d’argent pour espérer toute autre perspective de vie. Tous habitant loin du lieu de travail bruyant, ils sont épuisés et ne font que travailler et dormir (ce qu'Elias cherche à changer, en amenant la fête au quotidien difficile). Ses collègues sont presque uniquement noirs et métisses, seul lui et son patron sont blancs. Ce choix de contexte représente bien la réalité, deux tiers des noirs et des métisses sont pauvres et n’ont pas accès ni à un enseignement de qualité ni à des soins de santé correct. À qualification équivalente, une personne de couleur gagne en moyenne deux fois moins qu’un blanc.

Plus d'un siècle après l'abolition de l'esclavage, le pays reste profondément inégalitaire.

Et l’inconscience de l’élite qui trouve absurde l’idée du racisme dans leur société « si mixte », est représentatif d’une société encore loin d’une égalité parfaite.

Les inégalités sont pourtant flagrante. Il suffit de se balader à Rio ou à Sao Paulo, et on le constate dans la répartition des rôles sociaux, mais aussi sur les écrans de télévision et dans les magazines ou sont très rarement représenté les noirs. Le manque de visibilité de cette communauté pourtant dominante en terme de nombre, est criant. La femme blonde aux yeux clairs, et les personnes de type scandinaves, qui ne représentent seulement que 15 % de la population, y sont sur-représentées.
Victoire Gatard


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