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Cannes 2016 : Le Bleu Blanc Rouge De Mes cheveux de Josza Anjembe à Cannes !

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Rédigé le Jeudi 19 Mai 2016 à 15:57


Présenté au Festival de Cannes, le court métrage réalisé par Josza Anjembe sortira très prochainement. BME vous laisse le découvrir.


"Le bleu blanc rouge de mes cheveux" raconte l'histoire de Seyna (Grace Seri), une jeune fille de 17 ans, d'origine camerounaise qui se passionne pour l’histoire de la France, le pays qui l’a vu naître et dont elle est profondément amoureuse. Son baccalauréat en poche et sa majorité approchant, Seyna n’aspire qu’à une chose : acquérir la nationalité française. Cependant, son père Amidou ne l'entend pas de cette oreille.

Josza Anjembe ne se destinait pourtant pas à une carrière de réalisatrice. Née en 1982, cette journaliste grandit à Bondy, déménage aux Lilas avant de s'installer à Pantin et au Pré-Saint-Gervais.

Sachant alterner détente et travail, elle obtient un Bac ES, puis intègre par la suite un Master Information et Communication à Saint-Denis. Grâce à un stage réalisé dans le milieu télévisuel, elle devient enquêtrice puis casteuse. C'est alors que l'envie d'exprimer ce qui la touche se fait sentir. Après avoir participé au Festival du court-métrage de Clermont-Ferrand, elle remporte la Bourse parmi 60 projets lui permettant de disposer d'un apport financier de 15 000 euros ainsi qu'un accompagnement artistique pour la réalisation de ce dernier. Suite à l'annonce, elle explique :
" Il y a eu deux sentiments. Le premier, c’est que le travail paye. Le deuxième, c’est qu’on va enfin pouvoir nous écouter. Nous, les populations qu’on a, à un moment donné, décidé de mettre de côté."

Tourné dans les rues de Rennes et avec la participation d'un lycée de Cesson-Sévigné, ce film a réussi à séduire le jury en abordant la question de l'intégration, un sujet très moderne, mais aussi délicat à traiter. Le succès de celui-ci est aussi dû à la talentueuse Grace Seri montrant lors du Festival, sa volonté et son abnégation.

Interrogée lors de son retour sur son court-métrage, la réalisatrice se dit faire partie d'une génération traumatisée :
" Nous sommes à cheval entre les cultures, entre les hommes et les femmes, les rapports économiques et géopolitiques. Tout est en mutation. C’est à nous d’impulser le rythme."

Affiche Marie-elise Chocroun / Studio Inokio
Affiche Marie-elise Chocroun / Studio Inokio
Le succès du film Le bleu blanc rouge de mes cheveux est loin de s'arrêter puisque le 8 avril 2016, la jeune femme faisait son retour au Jamel Comedy Club dans le cadre du dispositif Talents en court pour projeter son court-métrage en avant-première. Pleine de nostalgie, elle se remémore certains souvenirs :
"Lorsque je monte sur la scène du Jamel Comedy Club, en octobre 2014, j'ai conscience que c'est la session de rentrée, qu'il y a dans la salle des producteurs, des diffuseurs, les acteurs du court-métrage et que c'est probablement l'unique chance que j'aurai de convaincre quelques-uns d'entre eux. J'ai donc travaillé en me disant qu'il fallait que je sois concise, précise et efficace... Sur la scène, il est difficile de distinguer les visages. Ce qui m'a marquée, c'est le silence et l'attention qu'il y avait lorsque je racontais l'histoire de Seyna. Même si j'étais traqueuse, je n'ai pas du tout vécu ce moment comme un oral ou un examen. Il y avait beaucoup de bienveillance dans la salle, ce qui facilite les choses. Au final, ce pitch a été un vrai moment de plaisir"

Josza Anjembe considère le cinéma comme une arme qui l'aiderait de façon pacifiste à dépasser la vision actuelle des minorités, d'aider la jeune génération à se retrouver. Elle se livre sans retenue :
"J'aimerais que mon film soit vu dans les lycées et collèges de notre pays, de manière à pouvoir, parler et encore parler de ce qu'est "être français" aujourd'hui. Il y a un tel déficit de perspective d'avenir, de confiance, qu'il est devenu absolument nécessaire de travailler avec les plus jeunes- et très tôt. (...) La France est malade et ne fait plus rêver, je le vois tous les jours. Mais c'est mon pays, je l'aime comme jamais et tant que j'aurais les moyens, aussi petits soient-ils, de contribuer à son apaisement, de faire en sorte qu'elle cesse de discriminer, de frustrer, de diviser, alors je le ferai."

En abordant les thèmes qui lui tiennent à cœur, c'est tout naturellement que la réalisatrice s'intéresse de près à la place de la femme ainsi que sa condition, car selon elle, il est difficile de savoir ou nous allons si nous ne savons pas d'où nous venons. Cela nous laisse entrevoir le thème du prochain film de la lauréate.

Pour l'heure, Le bleu blanc rouge de mes cheveux produit par Yukunkun Productions, sera disponible dès cet automne 2016, il nous faudra encore prendre notre mal en patience avant de pouvoir visionner ce petit chef d'œuvre.
Jennifer Mbappé


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