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[CHRONIQUE] La deuxième étoile : Les préjugés racistes perdurent-ils?

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Rédigé le Mardi 5 Décembre 2017 à 23:56


Après la première, voici "La Deuxième étoile" ! La suite de la comédie française sera encore une fois joué et réalisé par Lucien Jean-Baptiste. A voir en famille au cinéma dès le 13 décembre 2017.


Huit ans après le succès de "La première étoile", Lucien Jean-Baptiste qui entre-temps a réalisé "30° couleurs" et "Il a déjà de tes yeux" est de retour avec "La deuxième étoile"
 
Synopsis : Jean-Gabriel a décidé d’emmener toute sa petite famille passer les fêtes à la montagne pour Noël. Et cette fois, tout devrait bien se passer. C’est sans compter sur sa mère qui débarque des Antilles, ses enfants qui n’ont pas envie de partir, Jojo qui lui confie son Hummer et sa femme qui lui annonce qu’elle doit s’occuper de son père qu’elle n’a pas revu depuis qu’elle a fait le choix d’épouser Jean-Gabriel. Mais pour Jean-Gabriel, la famille c’est sacré et Noël aussi !

Qui est Lucien jean-Baptiste ?

Lucien jean-Baptiste est né le 6 mai 1964 en Martinique, à Fort-de-France. Après des études dans le domaine de la publicité, il emménage à Paris et travaille dans l’événementiel pendant une dizaine d’années avant de changer de vie et de commencer des études de théâtre au Cours Florent. 

Lucien Jean-Baptiste débute sa carrière en tant que spécialiste dans le doublage. Il fait ensuite des apparitions dans des séries télévisées, notamment dans les premiers épisodes de la saison de Caméra Café. Il obtient également des seconds rôles dans des films comme Antilles Sur Seine, L'Ex-femme De Ma Vie ou encore Les Oiseaux Du Ciel. Il sera un des acteurs principaux de la série policière Les Jurés en 2007, avant de se mettre à l'écriture de son propre scénario avec La Première Étoile, qu'il réalise et dans lequel il tient le rôle principal, aux côtés de Firmine Richard.

Après plusieurs apparitions dans divers films, notamment La Proie de Eric Valette, Lucien Jean-Baptiste intègre le drame social de Eric Guirado, Possessions et met en scène son second long-métrage intitulé 30° Couleur. L'année suivante, il est à l'affiche de deux comédies : il fait partie des parieurs perdants de Turf de Fabien Onteniente mais également des profs épiés dans La Vraie Vie Des Profs d'Albert Pereira-lazaro et Emmanuel Klotz.

En 2016, il réalise et joue dans Dieumerci ! avec Baptiste Lecaplain avant d'être à l'affiche de la comédie de Gabriel Laferrière C'Est Quoi Cette Famille ?!. Il est également à l'affiche du film Le Gang Des Antillais. Il figure également dans Pourquoi Nous Detestent-ils ?, une série de documentaires diffusés à la télévision et résumée en un long-métrage, qu'il co-réalise avec Amelle Chahbi et Alexandre Amiel.

En 2017, il réalise et joue dans son propre film, Il A Déjà Tes Yeux

La précédente comédie réalisée par Lucien Jean-Baptiste a reçu un bon accueil du public : pratiquement 1.4 million de spectateurs en France pour Il a déjà tes yeux. Quant à La Première étoile, 1.65 million d'entrées dans le pays en 2009, une réelle surprise.

« La deuxième étoile » contribue à dépasser les préjugés sur la diversité en faisant la promotion du vivre-ensemble à travers l’histoire d’une famille antillaise qui part en vacances au ski. Un regard bienveillant et affectueux est posé sur ces personnages qui vivent un choc culturel et social en allant à la montagne.

Ma famille d'abord

« La deuxième  étoile » se divise en deux parties distinctes : la première se déroule à Paris, tandis que la seconde prend place dans les montagnes enneigées de Haute-Savoie. La première partie du récit est l’occasion pour l’acteur et réalisateur Lucien Jean-Baptiste d’aborder la thématique du renouveau.

Dans le premier volet, Jean-Gabriel, le père de famille, semble condamné à effectuer des petits boulots sans intérêt, tandis que sa femme Suzie se démène pour ramener de l’argent à la maison, en enchaînant les emplois besogneux.

Dans ce second volet, Jean-Gabrielle à enfin un emploi. Il est présentateur météo. Il retourne donc à la neige, pour réapprendre le « vivre ensemble » à toute sa petite famille, sa femme, Suzie, ses trois ainés et le petit dernier, Stan. La famille a enfin plus de perspectives. Fini les paries maladives sur les courses de chevaux.

Lucien Jean-Baptiste choisit de ne pas dépeindre à nouveau cette misère quotidienne avec morosité, il aborde au contraire des thèmes sociaux par le prisme de l’humour, adoptant un ton artistique enjoué et haut en couleurs. 

Le film parle, sans en avoir l’air, de la lutte des classes. À l’école, certains enfants peuvent partir en vacances, et d’autres non et un préjugé de classe sociale demeure : le cliché sur les gens des quartiers qui ne vont pas au ski. Les vacances à la neige prennent alors une grande valeur symbolique : elles représentent une nouvelle ouverture, un horizon qui cesse d’être obstrué.

Car dans l’imaginaire collectif, le ski, c’est « pour les blancs ». En plaçant sa famille Antillaise dans le cadre d’une station de ski, pendant les fêtes de noel, Lucien Jean-Baptiste ne fait pas que trouver un prétexte pour une suite de gags sur le choc des cultures, il instaure une une migration des images.
 
« Le film ne joue pas uniquement sur le contraste noir/blanc. Le plus fort pour moi, c'est ce parallèle entre cette famille d'antillais qui, de façon tout à fait normale, va à la neige et tous ces gens qui quittent leur pays pour se retrouver dans un autre milieu. Il n’était pas seulement question d’un groupe d’Antillais qui découvre la neige mais d’une famille qui trouve sa place là où on ne l’attend pas » (Lucien Jean- Baptiste).

Les préjugés racistes perdurent

Le générique du film nous montre des images clichées des Antilles, celles dans lesquelles l’imaginaire collectif enferme parfois les Antillais vivant en France métropolitaine. Des Antilles à la Haute-Savoie, de la chanson antillaise qui ouvre le film avec le « Chanté Nwel » (chanter Noël) - des cantiques spécifique des Antilles - chantée par Bonne Maman (Firmine Richard), dans son village natal. 

Lucien Jean-Baptiste sort ses personnages du territoire socio-culturel qu’on leur a assigné et casse ces stéréotypes pour montrer qu’une famille d’origine antillaise est une famille française comme les autres. Cela sans pour autant renier la double-culture ; simplement, il fait coexister ces cultures.

En Haute-Savoie, Jean-Gabriel et sa famille sont à nouveau confrontés aux préjugés racistes et à la peur de l’autre, même si ça reste bien plus soft que dans le premier volet.

L'actrice qui joué Madame Morgeot, la propriétaire du chalet, a depuis disparu, mais Lucien a tout de même réussi à lui rendre un très belle hommage. 
 
"Devoir faire cette suite sans elle, était pour moi un déchirement. Je cherchais désespérément le moyen de lui rendre hommage, c’est la monteuse qui a trouvé." -  (Lucien Jean- Baptiste).

Dans "La Deuxième étoile", Lucien Jean-Baptiste a ajouté au récit de ces vacances familiales une histoire de malfrats et des « méchants » voisins de chalet, dans le but de sortir des codes des gentilles comédies de vacances à la neige. 
Les voisins sont teigneux et envieux et vont venir empoisonner la vie de la petite famille. Pour interpréter ces trouble-fêtes soudés par la bêtise et la méchanceté, Lucien a fait appel à deux acteurs Laurence Oltuski et François Bureloup. Il représente cette peur de la différence. Ils n'ont pas un mauvais fond, mais ils sont légèrement bloqués par des à priori  : "Qu'est ce qu'elle nous fait sister act", "N'empêche, c'est qu'en même un petit peu toujours les mêmes qui font les problèmes". Le vivre-ensemble est aussi un apprentissage, et requiert de faire tomber les barrières faites de craintes et de préjugés.

Quant aux méchants, on retrouve au casting Medi Sadoun et Sadio Diallo.  Jean Gabriel va encore une fois « emprunter » la voiture (cette fois, un van flambant neuf), à son ami Jojo (Edouard Montoute). Il va s’en suivre une course-poursuite insensée pour la retrouver. Les malfrats vont traquer Jojo qui lui-même va pister Jean-Gabriel... 


Dans ce tableau familial, les grands-parents n'ont pas été oublié

Voilà que débarque des Antilles la mère de Jean-Gabriel et également le beau-père (Roland Giraud) : Suzy, la femme de Jean-Gabriel doit s’occuper de son père qu’elle n’a pas revu depuis qu’elle a fait le choix d’épouser Jean-Gabriel.
"Selon ce bon vieux principe qu’un choc de contraires peut faire jaillir du rire, j’ai adjoint à cette ingérable et ineffable « Bonne maman », un « Pépé » bien franchouillard, qui, béret sur la tête et raideur militaire, sonne le clairon pour un oui pour un non, et « qu’ça saute ! ». -  (Lucien Jean- Baptiste).
Le père de Suzie (Roland Giraud) et Bonne Maman ont en commun d’être des personnages aux traits de caractère grossis, flirtant avec la caricature. L’exercice de la caricature sert à provoquer le rire, mais il permet également de révéler des vérités sous-jacentes sur les préjugés. Le film a le sens de l’équité : il se moque autant des gens racistes que des Antillais. Lucien Jean-Baptiste pratique une moquerie affectueuse, bienveillante, qui tend à réunir les personnages après les avoir opposé. 

Ainsi, le père de Suzie laisse progressivement tomber les barrières en apprenant à connaître la famille de Jean-Gabriel, jusqu’à se révéler grand- père émerveillé par son dernier petit- fils : ces préjugés se sont effacés, car il y a eu une véritable rencontre.

LES TRADITIONS, C'EST IMPORTANT

Si Bonne Maman, personnage porteur de traditions dont la bonhomie et la chaleur n’ont d’égal que la sévérité, est un personnage qui fonctionne sur un principe de caricature (antillaise), c’est pour mieux mettre en perspective que les personnages qui l’entourent ne sont pas caricaturaux. En effet, les enfants ne répondent pas aux clichés sur les Antilles dans leur manière d’être. Yann, Ludo, Manon et le petit dernier représentent une génération née en France métropolitaine qui est plus éloignée de la culture des Antilles de leurs parents et grands-parents.

Ludo conquiert rapidement le territoire savoyard de part ses facilités naturelles pour skier. Yann, l’aîné, est un adolescent qui s’est construit en opposition avec son père. Stan, le petit dernier est le nouveau Ludo.
Quant à Manon, elle, veut tout faire comme les autres, elle a très peu confiance en elle et comme beaucoup de jeunes filles de son âge, elle passe le plus claire de son temps, sur son smartphone. C'est une fervente adepte du « selfie », et elle rêve d'avoir un "boyfriend". Au début, elle refuse de faire le chant de noël avec sa grand-mère, car trop ringard pour elle. Elle s'efforce de borner symboliquement son espace à la fois intérieur et extérieur, d 'établir les limites de sens pour se sentir exister sans être envahi. Elle sépare son univers de celui de ses parents, développe une vie inaccessible à ses parents à travers ses amitiés, ses amours et ses loisirs. ​
La famille de Jean-Gabriel, est à l’image de la France, elle est mixte, métissée – schéma reproduit par Manon avec son petit ami parisien.

Au-delà des réflexions que propose le film sur les préjugés et le vivre-ensemble, « La deuxième étoile » est avant tout un film sur la famille. Cette dimension familiale permet au film de tendre vers l’universel, de s’adresser à tous : la famille de Jean-Gabriel pourrait être n’importe quelle famille de France. Tout le monde peut s’identifier à un homme qui décide d'emmener sa famille faire du ski pour noël. « La deuxième étoile » est donc moins un film sur la différence, qu’un film sur ce qui nous rapproche, ce que nous avons en commun. Lucien Jean-Baptiste prône des valeurs humanistes pour souder une société plurielle. Les images doivent migrer : il faut qu’elles se déplacent pour créer une imagerie toujours plus positive du vivre-ensemble. 

« La deuxième étoile » de et avec Lucien Jean-Baptiste. Sortie en salle le 13 décembre. « La première étoile » sera diffusée le 10 décembre sur France 2.


QUESTIONS CLES

BME a rencontré Lucien Jean Baptiste qui a répondu a cette question :

Pourquoi peut-on dire que le film est une histoire universelle ?
C'est une histoire universelle parce qu'on est tous concernés par noël, je me souviens quand j'étais petit en banlieue, qu'on soit juif, musulman ou catholique, noël imprègne notre société. Du coup, dès le premier décembre, les boutiques s'illuminent, tous changent, il y a dans l'air ce qu'on appelle le fameux "esprit de noël". L'esprit de noël, c'est quelque chose d'universel. Noel, c'est une période très forte en terme de réunions, [...] il y a une ambiance. J'ai toujours un petit blues, quand début janvier, on doit jeter nos sapins par nos fenêtres. Il y a une ambiance, [...] dimanche, 17h, quand on arrive en janvier, les fêtes sont passés, c'est ça l'universalité de noël. Un grand moment de communion comme cela, qu'est très agréable. Ca, c'est universelle... Et puis la famille" - Lucien Jean Baptiste

LA DEUXIEME ETOILE - BANDE ANNONCE

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