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Bande de filles, la domination féminine

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Rédigé le Lundi 20 Octobre 2014 à 13:56


Pour son troisième long-métrage, la réalisatrice française Céline Sciamma crée l’événement en s’intéressant à l’émancipation sexuelle, sociale et identitaire d’une jeune fille noire de banlieue. Poignant.


Vous les avez déjà sûrement croisées du coté de Châtelet-Les Halles ou de La Défense. Dans les transports en commun, on n’entend et on ne voit qu’elles. Elles, ce sont ces adolescentes qui traînent en bande et qui parfois peuvent faire plus peur que leurs homologues masculins. Apprêtées, maquillées, elles rient à gorges déployées, dansent, chantent et sont souvent l’objet de toute l’attention partout où elles passent. Ces amazones de la rue ont inspiré la réalisatrice Céline Sciamma qui explore à nouveau un thème qui lui est familier à savoir la construction de la féminité.
 

Pas un film communautaire

Bande de filles, c’est l’histoire de Marieme (Karidja Touré), 16 ans, une jeune fille noire à priori sans histoires. En plein échec scolaire, elle tient le rôle de la maman à la maison pour ses deux jeunes soeurs tandis que son grand frère macho sème la terreur sous le toit. L’ado timide va pourtant se métamorphoser en petite frappe à la rencontre de Lady (Assa Sylla), Fily (Marietou Touré) et Adiatou (Lindsay Karamoh).

Attirée par l’assurance insolente que dégagent ses trois grandes gueules hyperlookées, Marieme rejoint d’abord le gang dans le but de se rapprocher d’Ismaël (Idrissa Diabate) le garçon qu’elle convoite. Car les insoumises ont gagné le respect des mâles du quartier, grâce à leur réputation de cogneuses. Rebaptisée Vic, son alter-ego plein de rage, Marieme va rapidement braver des interdits, détrôner Lady la leader et s’affranchir de la pression du groupe pour aller encore plus loin dans la recherche de son identité.
 

Bien qu’elles soient quatre à figurer sur l’affiche du film, dans Bande de filles il ne s’agit en fait que de Marieme/Vic. Repérée lors d’un casting sauvage à la Foire du Trône, la magnifique Karidja Touré est bluffante dans le rôle principal. Plus vraiment fille, pas tout à fait femme, elle joue à la perfection ce personnage tiraillé entre ces propres désirs et les attentes de son entourage.
 
Depuis Esse Lawson, incandescente et rebelle dans La Squale en 2000, on n’avait pas vu d’héroïne noire aussi captivante sur grand écran. Ici, la majorité du casting est non professionnel et est exclusivement composé d’acteurs noirs. Fait trop rare pour ne pas être noté. Pour autant le film est loin d’être communautaire, ou en tout cas s’il s’adresse à une communauté c’est celle des filles, qu’elles soient de banlieue ou d’ailleurs.
 

Un récit initiatique

Pour promouvoir le film, Céline Sciamma avait pris le parti d’utiliser ce plan-séquence sublime tourné en travelling où l’on pouvait apercevoir une brochette de jeunes Noires, perdues dans leur bulle, en pleine discussion sur le parvis de la Défense. Leur conversation couverte par une musique electro-pop entraînante composée par Para One qui signe la bande originale du film. L’image laisse une impression de fraîcheur : enfin un film sur des filles, banlieusardes, noires qui ne sent pas la caricature. Et cette première bande-annonce tient sa promesse. En ne s’attardant pas sur le "background" des protagonistes, Bande de filles évite soigneusement de tomber dans l’exotisme ou le misérabilisme.
 

Une autre scène du film retient aussi l’attention, celle où le quatuor pousse la chansonnette sur "Diamonds" de Rihanna. Alors qu’elles se trémoussent sur le tube de la popstar dans des robes qu’elles ont volées, on ne peut s’empêcher de penser qu’au final ces délinquantes énervées ne sont en fait que des gamines en pleine crise d’adolescence pas forcément des cas sociaux. Cette gouaille qui anime les personnages vient appuyer le désir de la réalisatrice de filmer avant tout cette jeunesse française bouillonnante qui fonce dans le tas.
 
Pas vraiment un "film de banlieue", Bande de filles s’apparente surtout à un récit initiatique divisé en quatre temps, quatre épisodes dans la vie d’une ado. Cette fresque intimiste détonne en osant aborder dans sa toute fin l’identité sexuelle et la sexualité féminine dans les cités. Sciamma met le doigt sur un sujet tabou rarement évoqué dans le cinéma français. Une belle prise de risque.

En salle le 22 octobre



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