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Avec Selma, Ava DuVernay honore Martin Luther King dans un biopic poignant

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Rédigé le Lundi 9 Mars 2015 à 14:30


En salles le 11 mars prochain, Selma est le tout premier film historique et biographique sur Martin Luther King. Avec une réalisation confiée à la cinéaste afro-américaine Ava DuVernay, le film réussit avec brio à rendre toute sa gloire au très grand homme qu’a été le Dr Martin Luther King, figure des mouvements civiques aux États-Unis.


David Oyelowo et Ava DuVernay
David Oyelowo et Ava DuVernay
États-Unis, 1964. Le président Lyndon Johnson signe le Civil Rights Act, une loi censée faire disparaitre toutes les discriminations à l’encontre des Afro-Américains et des minorités. Mais dans le sud des États-Unis où l’héritage raciste et ségrégationniste est encore bien présent, les Noirs sont complètement lésés de leur droits notamment le droit de vote.
Début 1965, Martin Luther King, fraîchement récompensé d’un prix Nobel de la paix et déjà célèbre pour son fameux discours « I have a dream », choisit la ville de Selma en Alabama pour mener une série de manifestations pacifistes mais coup de poing, afin d'obtenir la signature d'une loi universelle sur le droit de vote.

UN CASTING DE RÊVE

En choisissant de se concentrer sur cette lutte décisive pour l’émancipation des Noirs, Ava DuVernay ne s’est pas limitée. Au contraire, elle s’est permise de peindre une image très juste de ce personnage complexe à travers une mosaïque d’acteurs confirmés.
Porté par l’acteur britannique d’origine nigériane, David Oleyowo, Selma est un portrait saisissant du leader qu’était MLK. Oleyowo, acteur chouchou de la réalisatrice, complètement métamorphosé a laissé son accent british au vestiaire et se révèle plus que convainquant.
Le phrasé traînant, la gestuelle précise, la carrure imposante : l’acteur est impeccable dans le costume de MLK. Un jeu déployé dans ses interactions avec les autres acteurs notamment celles avec le président Johnson joué par Tom Wilkinson durant lesquelles ils s’affrontent dans des joutes verbales éloquentes. Ou encore, celle avec sa femme Coretta E. King, incarnée par Carmen Ejogo, qui avait déjà joué ce rôle dans un téléfilm sur MLK (Boycott en 2001). Autre clin d’oeil dans le film : comment ne pas penser à La Couleur Pourpre quand Annie Cooper jouée par Oprah Winfrey cogne un policier ?
 

DES IMAGES CHOC MAIS JUSTES

La journée 7 mars 1965 durant laquelle était prévue le départ de Selma à Montgomery fut violemment réprimée par les autorités. Plus tard appelée , Bloody Sunday, cette journée est encore à ce jour considéré comme une des répressions les plus vicieuses et les plus dures que les États-Unis aient connu.
Dans le film, Ava DuVernay ne prend pas de pincettes mais ne diabolise pas non plus pour autant. Si elle ne cherche pas à montrer de manière trop graphique les blessures des manifestants, elle se montre en tout cas sans retenue pour illustrer la haine et la rage des habitants blancs et des forces de l’ordre racistes face à une foule sans défense et non agressive.
Un spectacle déchirant qui fait vibrer la corde sensible des spectateurs déjà mise en alerte par une entrée littéralement explosive dans le récit au tout début du film.
La brutalité policière est évoquée de manière frontale et c'est dur de ne pas avoir la gorge nouée quand on sait à quel point cette thématique vient faire écho à ce qu'il se passe depuis quelques mois aux États-Unis.
Le film dès lors enveloppe le spectateur dans une sorte de sentiment d'appartenance tellement les images montrées sont profondément actuelles.
 

UN BRILLANT HOMMAGE À MLK

La famille d’Ava DuVernay est originaire d’Hayneville, une petite ville qui se trouve sur la route de de Selma à Montgomery. Autant dire qu’on comprend pourquoi elle ne s’est pas dégonflée devant l’opportunité de raconter cette histoire.
Si comme dans tous les biopics, la réalisatrice ne lésine pas sur les plans larges (voire très larges), elle tire son épingle du jeu à plusieurs reprises : la scène d’entrée surprenante et enfumée qui sera le fil conducteur du film, les jeux d’ombre et de lumière, et puis toutes ces scènes de vie si réalistes (l'appel réconfortant à Mahalia Jackson jouée par Ledisi, ou les instants de franche camaraderie avec ses frères de lutte) qui remettent MLK, l’homme et non pas la légende au centre.
Un homme entourée d’une armée d’hommes mais surtout de femmes qui font ici tout autant partie de la narration que leur homologues masculins. Selma est aussi un film qui met en lumière le combat de ces femmes activistes, dont les rôles dans la lutte sont trop souvent oubliés voire complètement éludés.

La réalisatrice s’est vraiment investie notamment en réécrivant les discours entendus dans le film. En effet, la famille du pasteur a préféré réservé les droits des discours de MLK au prochain film qui devrait lui être consacré réalisé par Steven Spielberg. Sans remettre en cause le génie de monsieur Spielberg, on se dit qu'égaler Selma ne va pas être chose aisée et ça ne nous étonnerait pas que lui aussi pense la même chose...


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