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Cannes 2014: CONFESSIONS D'UNE BANDE DE FILLES

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Rédigé le Vendredi 30 Mai 2014 à 12:00


Festival de Cannes 2014, Quinzaine des réalisateurs/ film d’ouverture


Dans "Bande De Filles", la réalisatrice Céline Sciamma, poursuit le cheminement de ses précédents ouvrages. Dans "La naissance des pieuvres",  elle filmait l’éveil au désir et l’homosexualité d’adolescentes, puis dans TomBoy, elle tirait le portrait d’une fillette qui s’inventait garçon pour s’intégrer dans son quartier. Cette quête d'identité se poursuit dans "Bande de Filles", qui pose sa caméra sur la puberté et le développement de la sexualité à l'adolescence.
 
La réalisatrice, a choisi de prendre pour base, l'effervescence qui a fait rage en France et ailleurs, il y a un an, autour des gangs de France, mais plus précisément des gangs de filles. 
 
Elles s'appellent les Bana Danger, Momi Fiuu ou Tokyo Girls. À Gare du Nord, au quartier des Halles, ou dans le métro. En bande, bruyantes, munies d'un sac à dos et d'un couteau suisse. Elles terrorisent les villes de Paris en bande.

BANDE DE FILLES - TEASER #1

Dans le film, on suit l'histoire romanesque d'une adolescente en perdition, à qui la violence apparaît comme seul moyen d'émancipation.
 
Si leur histoire est générationnelle et très française dans son ancrage, elle s’inscrit également dans une mythologie de cinéma. Celle d’une jeunesse soumise aux interdits et que l’on peut raconter aujourd’hui en France avec ces filles des banlieues.
 
Lorgnant vers le drame social britannique à la Ken Loach, "Bande de filles" évoque aussi "Foxfire", mais alors que le film de Laurent Cantet se contentait d’un récit brutal sans grande ambition, celui de Sciamma prend le temps de sa chronique et refuse de sacrifier la moindre étape de l’aventure.

 
On aura donc le droit à la formation du groupe, aux premiers succès, aux premiers doutes, à l’apogée du gang et à son autodestruction progressive, mais le film ne s'arrête pas là, malheureusement, oui, malheureusement, car le film aurait pu être une révélation, mais malheureusement, la réalisatrice prend le risque de s'éloigner sur le sujet et d'explorer des thèmes tout aussi importants, mais pas indispensable au récit.

Synopsis :

Marieme vit ses 16 ans comme une succession d’interdits. La censure du quartier, la loi des garçons, l’impasse de l’école. Sa rencontre avec trois filles affranchies change tout. Elles dansent, elles se battent, elles parlent fort, elles rient de tout. Marieme devient Vic et entre dans la bande, pour vivre sa jeunesse
 
Ses premiers exploits (corrections musclées, relation sexuelle.. ) sont filmés avec une jubilation qu'on ne connaissait à l'auteur. Suite à l'humiliation d'un membre de son gang, Fily. Le personnage de Marième, la bête machiste va prendre vie et prendre le dessus.
 
« Le film n’est pas dans la diversité, mais dans l’exclusivité.  Il est exclusivement interprété par des garçons et des filles noirs. » -  Céline Sciamma 

Le passage de la dépendance infantile à l'état adulte socialement autonome

Marieme, alias Vic a eu une scolarité chaotique. Elle vit dans l'ombre de son grand frère, subissant l’autorité et la violence de celui-ci à la maison et le reflet de ses petites soeurs aimante. Sa mère, femme de ménage la nuit est souvent absente, ce qui va avoir pour conséquence de favoriser son besoin d'émancipation. Malgré cela, sa vie va reprendre un souffle, lorsqu'elle découvre l'amour.

Ce n’est clairement pas un film sur les filles de banlieue, mais sur la genèse, vue en 3 parties, d'une adolescente de 16 ans dans la société d'aujourd'hui.

« Il y avait également l’enjeu d’une présence forte de la musique au sein même du récit notamment à travers les scènes de danse. Avec comme point culminant le périlleux défi d’obtenir le tube de Rihanna, Diamonds. Elle nous a autorisées à l’utiliser après avoir vu la séquence dédiée à la chanson »

 

La réalisatrice a choisi ses actrices parmi des jeunes filles inexpérimentées. Un casting sauvage dans les centres commerciaux, à la Foire du Trône, Chez H&M..., pour trouver les actrices du film.
 
La France est-elle réellement confrontée à une pénurie de jeunes acteurs et actrices noires ? Absolument pas, des acteurs noirs en France, il y en a, encore faut-il les chercher à la bonne place, outre que dans une cité, à savoir une école de théâtre, ou une agence de comédien.
 
Lors d'une interview sur le plateau du grand journal, une des actrices a rétorqué cela : " sans casting sauvage, ils n'auraient jamais pu trouver des actrices black".
 
Est-ce, une bonne chose de laisser planer le doute sur ce manque de présence d'acteurs noirs en France ? Oui, car cela permet de mettre un accent sur ce tabou. Le manque de diversité à l'écran est présent depuis trop longtemps. La sous-représentation d'acteurs noirs en France, dans la presse et à TV a Malheureusement, pour conséquence de créer l'exode de nos acteurs noirs français vers le pays de l'oncle Tom.
 
Marieme et ses camarades se meuvent dans cet univers flottant entre histoire et utopie avec aisance. Elles réussissent, tant bien que mal à faire oublier les artifices du scénario avec une aisance remarquable. Bande de Filles, un film à découvrir, le 22 octobre 2014 au cinéma.
BME


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