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American Hero : il faut sauver le super-héros Melvin

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Rédigé le Jeudi 9 Juin 2016 à 10:44


Melvin est un super héros malgré lui. Trentenaire adulescent, accro à la drogue, à l'alcool et aux femmes, il n'a qu'une idée en tête revoir son fils que la justice lui interdit d'approcher. Pour ce faire, il se décide à utiliser ses supers pouvoirs pour lutter contre le crime. American Hero sortira sur nos écrans le 8 juin.


Oubliez Batman, Superman et autres super-héros luttant pour le bien et la paix dans leurs villes. Ici, pas de cape, ni de kryptonite, mais plutôt de la drogue, de l'alcool, du sexe et un meilleur ami en fauteuil roulant.

La trentaine bien entamée, Melvin habite toujours chez sa mère et cumule de nombreuses addictions. Toujours accompagné de son meilleur ami, Lucille handicapé depuis la guerre d'Irak, ils vagabondent dans les rues de La Nouvelle-Orléans un joint à la bouche tuant le temps jusqu'à la prochaine soirée alcoolisée.

Mais voila, Melvin n’est pas un garçon comme les autres. Depuis petit, il possède des supers pouvoirs. En effet, il a la capacité de déplacer les objets par la pensée. Ne supportant aucun médecin, à part un de ses vieux amis, Melvin ne s’est jamais soumis à la science et n’utilise ses pouvoirs qu’à des fins personnelles. En effet, il participe à des spectacles de magie de rue afin de gagner quelques sous ou se détend dans des casses de voitures en démolissant des morceaux de ferraille. Rien de bien glorieux pour un super-héros.

Mais de super-héros, Melvin n’en a que le nom. Bien plus humain que surnaturel, ce trentenaire paumé souffre d’une réelle blessure : après une séparation tumultueuse entraînant de grands conflits avec son ex-femme, Melvin a été interdit par la justice de s’approcher de son fils. Aussi paradoxale que ça puisse être, cette interdiction de jouer son rôle de père et de ne plus pouvoir partager de moments avec son fils le met dans un état de dépression intense. Alors pour s’en sortir, après avoir vidé toutes les bouteilles, fumé toutes les substances illicites et couché avec toutes les filles, Melvin décide de prendre sa vie en main et de se servir de ses pouvoirs pour enfin de devenir un vrai super-héros et lutter contre le crime dans sa ville. Mais dans un monde dans lequel personne ne comprend ni sa situation, ni d'où il tient ses incroyables pouvoirs, ces derniers pourraient bien causer sa perte...

Réalisé par Nick Love, à qui l’on doit The Firm, Outlaw ou encore The Sweeney, American Hero questionne notre rapport à l’héroïsme et à notre propre humanité. Nous simple « mortel » ou « terrien » peut-on être des super-héros ? Suffit-il d’avoir des pouvoirs surnaturels pour être un super-héros ? 

Melvin, un héros de la vie quotidienne ?

American Hero : il faut sauver le super-héros Melvin
Grâce à des anecdotes de ses voisins, on apprend que par le passé Melvin s’est déjà servi de son don pour la bonne cause au point de devenir un petit super-héros local, notamment lors de la tempête Katrina où il a pu sauver la vie ou encore les maisons des habitants. Mais depuis sa réputation a été entachée par ses nombreux déboires. Enfermé dans sa vie de plaisirs faciles et destructeurs, Melvin peine à retrouver une vie normale. Il lui faut les mises en garde de son ami fidèle, Lucille, des déboires judiciaires et de sérieuses alertes de santé pour qu’il réalise l’urgence de revenir dans le droit chemin, en mettant de nouveau ses pouvoirs au service de la communauté.

Alors il va lutter contre ses addictions. Lutter contre la drogue, contre l’alcool, contre ses anciennes habitudes. Pour résumer, Melvin lutte en permanence contre lui-même. Mais lutter ne serait-ce pas un trait de caractère commun à tous les super-héros ?

Sans utiliser ses pouvoirs magiques, Melvin devient petit à petit un héros de la vie quotidienne. Il ne se laisse plus vivre et se bat pour son fils, ce qui le rend particulièrement attachant. Le spectateur est alors captivé par son combat et devient le premier supporter de ce mec qui au départ ne forçait pas l’empathie.

Mais la force de ce personnage, est surtout dans sa capacité à toucher et émouvoir le public. On reconnaît en Melvin, un frère, un père, un voisin, un ami qui malgré des débuts un peu chaotiques dans la vie continue à se battre pour s’en sortir.

C’est l’acteur Stephen Dorff qui interprète brillamment Melvin. Son jeu d’acteur crève l’écran et parfois même déroute tellement son personnage lui colle à la peau. Son duo avec l’acteur Eddie Griffin qui interprète, Lucille un personnage plein bagout qui balance autant de vannes que de conseils raisonnables, prouve que l’amour ou l’amitié est primordiale pour avancer. Ainsi Melvin trouve en Lucille une sorte de super-héros qui veille sur lui.

Ce film bouscule les codes des films fantastiques sur les héros de fiction et nous prouve que tous les pouvoirs dont nous avons besoin pour sauver ou aider, nous les possédons déjà.

Un film ovnis

Dès les premiers instants du film Melvin s’adresse face à la caméra, on comprend alors que Nick Love a décidé de tourner son film comme un documentaire, caméra à l’épaule. Ainsi, on nous présente le film comme un portrait du protagoniste avec en reflet l’équipe de tournage dans les premiers plans. Le style documentaire du film se prête particulièrement bien à l’histoire qui part dans tous les sens, bien qu’une équipe de tournage soit légèrement suicidaire de rester filmer face à certaines séquences d’action. Le réalisateur emprunte certains codes du documentaire, toutefois, il n’en reste pas moins qu’American Hero est une pure fiction.

Toutefois, il reste difficile de trouver un genre bien définissable à ce film : il reprend le style documentaire sans pour autant s’en moquer comme le ferait un "mockumentary" mais utilise quand même une caméra subjective comme le fait le "found footage ". Ce n’est pas non plus une réelle "underdog story "à la Rocky où on suit un personnage qui fait preuve dès le début d’une grande volonté de devenir un exemple dans son domaine ou autre ni un film de super-héros réaliste à la Kick-Ass.

Mais c'est peut-être ce sentiment de film ovnis, indéfinissable, inclassable qui fait la force du film. On ne sait pas où on va, mais on y va quand même avec plaisir. Il faut aussi souligner que les effets spéciaux sont très bien utilisés, ils sont très peu, mais très crédibles ce qui renforce le réalisme de l’histoire et le style documentaire. La fin de l'histoire est un peu brusque nous laissant un peu sur notre fin avec un sentiment d'inachevé, et une envie de connaitre la suite, mais c'est aussi ce que l’on éprouve à la fin de certains documentaires.

Pour finir, il est un peu regrettable que le film ne s’ouvre pas à des thèmes plus sociaux en effet American Hero à tous les ingrédients pour débattre sur de véritables problématiques sociales (l’addiction, la pauvreté, l’éducation ou bien même les problèmes conjugaux) mais ne va jamais jusqu’au bout.

Le film nous dépeint la Nouvelle-Orléans après la guerre d’Irak, avec certaines séquelles d’ordre physique comme par exemple avec Lucille qui est devenu handicapé, mais aussi avec la pauvreté et la délinquance que subit la ville. Toutefois, ce film ne peut être qualifié de « social » puisque jamais le réalisateur ne tentera de donner une explication à cette misère, elle n’est qu’un simple décor.

Pour conclure, American Hero est un film sans code prédéfini, simple et chaleureux, à l’image de son personnage principal, Melvin.

AMERICAN HERO - BANDE ANNONCE

Elisa Casson


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